14 juillet 2018 : Discours de l’ambassadeur de France

Saadat al wazir, Jassim bin Seif al-Suleiti, wazir al mouwassalat wa al itissalat
Saadat al wazir, Mohamed bin Abdallah al-Rumeihi, wazir al baladiya wa al bi-a
Saadat al safir Ibrahim Fakhroo, mudir al marassim
Sayidati wa saadati
Ana said jiddan listikbalikum houna bimounasabat al yaoum al watani al faranci

Chers amis,

C’est la quatrième fois que je m’exprime devant vous à l’occasion de notre fête nationale.

Et je le fais avec une émotion particulière, car c’est pour moi la dernière à Doha.

Ainsi va la vie diplomatique, faite, comme pour la plupart des expatriés, de la découverte de pays, de peuples et de cultures, mais aussi de départs.

Je quitterai le Qatar dans quelques jours avec tristesse, mais aussi avec la conviction que la relation entre nos deux pays s’est encore approfondie et enrichie au cours de ces quatre années, y compris depuis juin 2017 et l’instauration du blocus dont la France demande, comme vous le savez, la levée.

Dans une région sous très haute tension, notre relation bilatérale s’est approfondie d’abord dans le domaine politique, avec notamment les visites en France de son altesse Cheikh Tamim Bin Hamad al Thani, l’une en septembre dernier et la seconde il y a seulement quelques jours, ainsi que celle, ici au Qatar, du Président de la République, Emmanuel Macron, en décembre.

Mais elle s’est aussi enrichie dans de nombreux autres domaines.

Notre coopération en matière de sécurité, de justice et de défense s’est renforcée.

Nos échanges en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, le financement du terrorisme et la radicalisation se sont quant à eux engagés dans une nouvelle dynamique depuis la visite du Président de la République à Doha en décembre.

En quatre ans, de nombreux grands contrats ont été conclus entre nos deux pays. Ils contribueront à structurer, durablement, notre relation bilatérale. Je pense notamment aux avions Rafale, au partenariat entre Qatar Petroleum et Total pour le champ d’al Shaheen, ainsi qu’à l’exploitation et la maintenance du métro de Doha et du tramway de Lusail par la SNCF et la RATP. Et je me félicite, dans une perspective européenne, de la consolidation de la relation entre Airbus et Qatar Airaways.

Mais ce ne sont pas les seuls, loin de là, et je ne doute pas que d’autres viendront.

Nos relations commerciales courantes se sont également largement développées, et le nombre d’entreprises françaises présentes à Doha s’est accru.

Dans le domaine scientifique, médical et universitaire, de nouveaux liens ont été tissés : entre le Qatar et le prestigieux Institut Pasteur de Paris, ainsi qu’entre plusieurs universités et grandes écoles françaises et Qatar University ou Qatar Foundation.

Je me réjouis de plus que cette dernière ait décidé de prolonger son partenariat avec HEC, l’une des toutes meilleures écoles de commerce au monde, qui pourra ainsi continuer à soutenir activement la mise en œuvre de la vision 2030.

Nos échanges culturels ont, eux aussi, continué à se développer avec les institutions qatariennes, notamment Qatar Museum, Katara mais aussi le Doha Film Institute, qui vient encore de s’illustrer au Festival de Cannes, ou la Qatar National Library pour son partenariat avec la Bibliothèque Nationale de France.

Avec l’Institut Français du Qatar, nous avons pu organiser depuis quatre ans à Doha, avec une volonté d’éclectisme assumée, des moments magnifiques, allant du récital de la très prometteuse mezzo-soprano Ambroisine Bré, au concert du flamboyant Orchestre National de Barbes, en passant par celui d’Ibrahim Maalouf, ou par l’exposition consacrée à Picasso et Giacometti à la Fire Station.

Je me félicite aussi que nous ayons pu avancer avec nos partenaires qatariens dans la planification d’une programmation ambitieuse pour l’année culturelle France/Qatar en 2020.

Et je suis heureux que l’ambassade, avec l’Institut français, ait joué un rôle très actif pour l’établissement à Doha du premier cluster culturel européen dans la région.

La francophonie a également connu un essor notable, avec notamment la création d’un enseignement universitaire de langue française à Qatar University qui permet de renforcer le dynamisme d’une francophonie porteuse à la fois de culture et de valeurs, une francophonie au service de la diversité linguistique.

Dans le domaine sportif, ces quatre années ont été palpitantes.

En 2015, elles ont été marquées par une finale France/Qatar à Doha lors du championnat du monde de handball puis, année après année, par bien d’autres compétitions internationales qui illustrent la montée en puissance du Qatar dans l’organisation de grands événements sportifs.

Avec évidemment en perspective, le Mondial de football en 2022, pour lequel la France se tient aux côtés du Qatar, et dont je n’ai pas de doute qu’il sera un succès planétaire.

J’espère d’ailleurs vivement être de retour ici en 2022, comme supporter, pour voir de nouveau l’équipe de France en finale, comme demain.

Mondial 2022 au Qatar, Jeux Olympiques à Paris en 2024 - dont la première présentation officielle de la candidature eut lieu ici à Doha - deux événements sportifs majeurs qui ouvrent la porte à de nombreuses collaborations.

On ne peut, à mon sens, évoquer de tels événements sans parler de ceux qui construisent les infrastructures indispensables à leur succès.

Ce doit être un sujet d’attention partout dans le monde.

J’espère vivement qu’ici une concertation active associant, dans un même élan, les autorités qatariennes, les pays d’origine des travailleurs, la remarquable équipe de l’Organisation Internationale du Travail présente à Doha, ainsi que les acteurs économiques et sociaux concernés, permettra de faire du Qatar un exemple à suivre dans la région pour ce qui concerne les conditions de vie et de travail des travailleurs expatriés.

Les relations entre deux pays, ce ne sont pas seulement les institutions qui les construisent, mais ce sont aussi - et, en réalité, surtout - les peuples.

A nos hôtes qatariens, je voudrais dire le très grand plaisir que nous avons eu, avec ma famille, à vivre ici et à aller à leur rencontre.

Des liens d’amitié durables se sont établis, je suis convaincu qu’ils résisteront au temps.

Nous avons aussi appris à découvrir la détermination qui peut animer les Qatariennes et les Qatariens pour faire face à l’adversité et atteindre leurs objectifs.

La résilience dont ils ont fait preuve depuis juin 2017 est, à raison, jugée remarquable par tous les observateurs attentifs.

Je tiens bien sûr aussi à remercier et féliciter chaleureusement mes compatriotes présents au Qatar pour leur énergie et leur professionnalisme, que j’ai pu admirer au long de ces quatre années.

La communauté française au Qatar continue de croître. Elle s’organise aussi de mieux en mieux, avec le soutien actif de l’ambassade.

Une nouvelle étape a été franchie avec la création de la Maison de la France, qui en rassemble aujourd’hui la plupart des composantes sous un même chapeau, sans nuire à l’indépendance de chacune d’entre elles.

Une Maison de la France qui héberge désormais la toute nouvelle chambre de commerce et d’industrie française au Qatar, officiellement créée il y a quelques jours.

J’espère par ailleurs que les lycées, Bonaparte et Voltaire, sauront continuer de jouer le rôle majeur qui est le leur.

Concernant Bonaparte, je me félicite que le renouvellement récent pour 25 ans de son bail, à des conditions très favorables, lui permette d’envisager sereinement sa pérennité et son évolution.

Les Français du Qatar, ce sont aussi les militaires de notre contingent de la base d’al-Udeid, qui jouent un rôle clé au sein de la Coalition internationale contre le terrorisme, et dont je salue la présence ici, tout comme celle de l’équipage de la frégate anti-aérienne Cassard, qui fait actuellement escale à Doha. Je veux leur dire notre estime et notre respect pour ce qu’ils font au service de la France et de la sécurité internationale.

Je voudrais enfin remercier du fond de cœur la remarquable équipe de l’ambassade - expatriés comme agents locaux - sans le professionnalisme et le dévouement desquels rien n’aurait été possible.

Plusieurs piliers de cette ambassade vont quitter comme moi le Qatar cet été.

Je souhaite que soit fait à nos successeurs le même accueil, formidable, que celui que nous avons reçu.

Et je n’ai pas de doute qu’avec celles et ceux qui restent, ils et elles sauront écrire de nouvelles pages de la relation profonde et durable qui unit nos deux pays.

Merci et au revoir.

Dernière modification : 15/07/2018

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