Conférence de presse conjointe de Laurent Fabius et de son homologue qatarien, Khaled Bin Mohammad Al-Attiyah

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a reçu Khalid bin Mohammad Al Attiyah, ministre des Affaires étrangères du Qatar, dimanche 18 août à 17h00 au Quai d’Orsay.

A la fin de l’entretien, les deux ministres se sont exprimés devant la presse.

Lire les propos du ministre

"Mesdames et Messieurs, mon collègue et ami, le ministre des affaires étrangères du Qatar a bien voulu me rendre visite cet après-midi. Nous avons parlé bien sûr de la situation dans la région et particulièrement de la situation en Égypte. Il va s’exprimer, il vous dira son analyse. Ce qui est évident pour tous ceux qui suivent la situation de très près, c’est combien il faut rapidement arrêter les effusions de sang et parvenir à un dialogue inter égyptien. Ce n’est pas facile, bien sûr, mais je crois que tous les pays de bonne volonté doivent avancer dans ce sens. Et il est très important que le ministre des affaires étrangères d’un État important de la région soit ici pour que nous puissions en discuter. Dans quelques minutes, le ministre des affaires étrangères d’Arabie saoudite sera reçu à l’Élysée et j’aurai l’occasion également de le voir. Je pense qu’il faut vraiment que nous mobilisions nos énergies, pour arriver à ce que dans ce pays très important qu’est l’Égypte, une solution puisse être trouvée par les Égyptiens.

Q - Où en sont les tractations européennes pour la réunion des ministres des affaires étrangères sur l’Égypte ? Et est-ce que la France continuera à faire des propositions concernant ce qui se passe en Égypte parce que les nouvelles autorités ont déclaré toutes les positions prises par l’étranger comme une intervention inacceptable dans leurs affaires intérieures ?

R - Sur le premier point, il y a une réunion des représentants des ministres à Bruxelles demain. Vous avez eu d’autre part la déclaration qui a été faite par M. Barroso et M. Van Rompuy. Le président de la République française a eu ses homologues - Mme Merkel, le Premier ministre britannique, le Premier ministre italien - et donc tout converge vers une prise de position européenne. Et je devrais rencontrer cette semaine mes homologues européens. Voilà le point.

Q - Mon confrère faisait remarquer que, que ce soit le gouvernement provisoire en Égypte ou les frères musulmans, aucune des deux parties ne veut de médiation étrangère. Donc qu’est-ce qui vous fait croire, qu’est-ce qui vous laisse penser que cette fois-ci, chacun des deux camps pourrait accepter une médiation et serait prêt au dialogue, est-ce qu’une solution politique est envisageable ?

R - Je ne pense pas que personne - ni le Qatar, ni la France ni d’autres pays - ait à l’idée d’imposer une solution aux Égyptiens. C’est aux Égyptiens de prendre leurs décisions, c’est une évidence. Mais lorsque je dis qu’il faut essayer d’arrêter ces violences, de part et d’autre d’ailleurs, et faire en sorte qu’on arrive à un dialogue inter égyptien, c’est l’expression du bon sens.

Q - Il y a une manifestation qui se déroule aujourd’hui, maintenant, devant le Quai d’Orsay, qui refuse l’ingérence. Quel est votre commentaire ?

R - Je n’ai pas de commentaire. Alors on va prendre la dernière question.

Q - Demain, concrètement, à quoi on peut s’attendre de cette réunion entre les ministres européens ? Quels sont les scénarios que vous examinez et les actions concrètes auxquelles vous réfléchissez ? Ce matin, dans un communiqué, les dirigeants de l’Union européenne ont affirmé que l’Europe était prête à réexaminer sa position par rapport à l’Égypte si la situation ne s’améliore pas ; quelle est la position du coup de la France ?

R - Comme vous l’avez indiqué, cette semaine nous allons réexaminer ces questions. Nous allons le faire de manière ouverte, avec mes autres collègues que j’ai eus au téléphone. Il y a une réunion préparatoire demain, mais à un échelon intermédiaire. Ensuite, les ministres prendront les décisions sans doute vers le milieu de la semaine. Actuellement, nous procédons à un examen de nos relations avec l’Égypte et en fonction de la situation, nous verrons ce qu’il faut décider. Je ne vais pas préjuger de la décision qui sera prise. Merci beaucoup."

Dernière modification : 20/08/2013

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