Discours d’Hélène Conway-Mouret devant la communauté française

Discours d’Hélène Conway-Mouret devant la communauté française

Doha, le 28 janvier 2014

"Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Les rencontres avec les Français de l’étranger sont toujours des moments privilégiés, car ce sont des temps d’échange utiles et chaleureux.

Il y a une constante qui me frappe à chacun de mes déplacements : les Français sont heureux de se retrouver, de sentir un lien entre eux qui prend différentes formes et rappelle combien nos attaches nationales sont fortes.

J’ai d’ores et déjà eu l’occasion de discuter avec les associations et les représentants du monde économique. Un constat s’impose - il s’imposait tout autant à Dubaï et à Abou Dabi où a débuté mon séjour -, vos visages expriment une confiance, une énergie et un désir de réaliser de belles et grandes choses. Vos rêves semblent se réaliser.

Dans cette région du monde où les opportunités semblent infinies, où il n’y a pas de limites, vous étiez, il y a quelques années 500. Aujourd’hui, vous êtes 4.000. Dans quatre ou cinq ans, c’est à dire demain, vous serez très certainement 8.000, voire plus !

Quelles réflexions tirer de cette croissance exponentielle ?

J’en vois deux.

La première touche à notre relation avec le Qatar. Je me dois de rappeler qu’elle est forte, dense et prometteuse dans de nombreux domaines dont la coopération militaire (je rappelle qu’un accord de défense a été formalisé dès 1995).

Sur un plan économique, évidemment. Je ne ferai pas assaut de chiffres. Vous les connaissez. Je préfère évoquer les acteurs qui scellent et développent les échanges entre nos deux pays.

Ces acteurs, je les ai devant moi ce soir : il s’agit de vous, entrepreneurs, salariés, agents publics. À travers vos entreprises, les services diplomatiques et consulaires, les chambres de commerce, le Club d’affaires franco-qatarien et les conseillers du commerce extérieur, vous encouragez les investissements croisés et les échanges commerciaux entre nos deux pays.

Et les opportunités ne manquent pas. L’économie qatarie témoigne d’une croissance remarquable, qui se diversifie dans les domaines de la chimie, des transports, de la finance, de l’immobilier, du tourisme et des infrastructures. Autant de marchés qu’il est possible de pénétrer, en proposant nos savoir-faire et notre expertise.

Nos entreprises ont de vrais atouts à faire valoir dans toutes les priorités de développement promues par le Qatar.

Plusieurs projets font appel à l’expertise française : le tramway de Lusaïl, le métro de Doha, les lignes de chemin de fer desservant les autres pays du Golfe. D’autres se profilent : le lancement par Arianespace d’un deuxième satellite qatarien, un projet de centrale thermique au gaz et d’unité de dessalement d’eau de mer.

L’inauguration d’un premier Monoprix à Doha, en novembre 2013, illustre aussi l’enracinement de la présence française au Qatar et sa visibilité croissante. Je n’oublie pas non plus les activités bancaires et financières. Une centaine d’entreprises françaises ont développé une filiale dans ce pays et s’intègrent parfaitement dans la vision 2030 de son altesse, l’émir du Qatar.

Cette France qui va de l’avant ne peut manquer d’intéresser les investisseurs qataris. Le fonds souverain « Qatar Investment Authority » a d’ailleurs pris de nombreuses participations en France, dans de grands groupes et dans l’immobilier. Dans le sport aussi, avec le succès que l’on sait.

Le Qatar a également beaucoup investi pour promouvoir des projets productifs en France et soutenir l’export de nos PME. Il le fait via un fonds conjoint avec la Caisse des dépôts et consignations, pour un montant de 300 millions d’euros.

Cela donne une idée de l’ampleur de la coopération engagée entre nos deux pays, au plus grand bénéfice de notre économie, et de l’emploi, soulignons-le !

La qualité de notre partenariat se manifeste également sur un plan culturel et éducatif. Vous le savez, le Qatar a rejoint l’Organisation internationale de la francophonie : cela traduit l’intérêt que ce pays porte à notre langue, véhicule de diversité culturelle mais aussi conceptuelle, on l’oublie parfois...

Avec la France, le Qatar sait pouvoir compter sur un interlocuteur privilégié et expérimenté pour placer l’économie de la connaissance au coeur de son modèle de développement. Il n’est d’ailleurs pas anodin qu’HEC ait ouvert une antenne ici, comme il n’est pas anodin qu’Ieoh Ming Pei et Jean-Michel Wilmotte aient collaboré à la réalisation du Musée d’art islamique de Doha. On sait ce que ces deux architectes ont apporté à la France et à son rayonnement.

Je vous le disais, la croissance de notre communauté m’inspirait deux réflexions. Voici la deuxième.

J’ai coutume de dire que les Français de l’étranger repoussent les frontières de la France. À travers eux, à travers vous, notre pays prend sa pleine place dans la mondialisation, où la compétition est rude, mais où nous sommes présents parce que nous savons nous battre.

Toute notre diplomatie est tendue vers un objectif : « faire rayonner la France », et asseoir notre pays dans sa vocation de « puissance globale », de « puissance repère ». Le ministre des affaires étrangères a formulé cette ambition lors de ses voeux. Elle doit permettre à notre pays de « rayonner », d’« exporter », d’« attirer », bref : d’ouvrir de multiples voies de réussite, à l’instar de celles que nous traçons avec le Qatar.

L’objectif est clair. Il est en totale synergie avec le cap tracé par le président de la République pour redresser notre pays. Un cap volontariste, qui lance la France à la reconquête d’elle-même, de la compétitivité et de l’attractivité. Il s’agit aussi d’exporter car c’est l’une des principales conditions du retour de la croissance mais aussi d’attirer de nouveaux investisseurs chez nous, de montrer les potentiels de notre pays, la qualité de ses infrastructures et de ses formations à ceux que nous sommes heureux d’accueillir.

Les Français de l’étranger prennent toute leur part à cette dynamique. Ils la prennent d’ailleurs, depuis longtemps. Car à travers vos activités, vos relations, les passerelles - que dis-je, les ponts ! - se multiplient entre la France et le reste du monde, amplifiant ainsi notre capacité de projection économique, politique et culturelle.

C’est pourquoi je n’ai de cesse de promouvoir l’inestimable contribution des Français de l’étranger à notre pays et d’accompagner le plus utilement et efficacement possible celles et ceux qui ont fait le choix de s’expatrier.

Je m’y emploie depuis un an et demi : la modernisation du réseau consulaire, la dématérialisation des procédures d’état civil, l’introduction du passeport grand voyageur, une meilleure information en matière de sécurité grâce à l’application Ariane... ne sont que quelques exemples de ce que nous mettons en oeuvre. Le service public évolue, il se modernise pour mieux vous accompagner.

Notre action en faveur de la mobilité des jeunes, par l’augmentation du nombre de VIE, participe également de notre détermination à faire de l’expatriation une expérience utile et réussie.

Un enjeu vous a particulièrement tenu à coeur l’an passé : le « sponsorship » et le visa de sortie. L’action résolue de l’ambassade et la coopération des autorités locales ont permis de résoudre la plupart des difficultés. Je suis d’ailleurs convaincue que la réflexion engagée par les Qataris sur le système de « sponsorship » aboutira à une évolution constructive du dispositif.

Je sais également, combien la question de l’enseignement revêt d’importance à vos yeux. Tout le monde s’accorde à dire que la rentrée 2013 s’est bien passée : nous pouvons en féliciter les équipes des lycées Bonaparte et Voltaire, ainsi que celles de l’ambassade.

Aux parents, aux enseignants et au personnel des lycées, je tiens à dire combien il nous tient à coeur de maintenir un réseau d’enseignement performant et accueillant.

Pour cela, il nous faut anticiper la demande de scolarisation future. Celle-ci ne cesse de croître, du fait de l’arrivée régulière de familles françaises, mais aussi en raison de l’attrait qu’exerce notre enseignement auprès des étrangers francophones.

C’est pourquoi nous devons imaginer, en lien avec nos partenaires qataris, les solutions d’avenir à même de garantir des conditions d’accueil optimales à nos enfants.

Mes Chers Amis,

Vous l’aurez compris, l’accompagnement des communautés françaises à travers le monde est une tâche prenante mais ô combien fascinante.

Vous pouvez compter sur le gouvernement et sur « votre » ministre, pour améliorer au maximum votre quotidien. Votre talent, votre créativité, votre énergie ne doivent pas se trouver entravés mais au contraire stimulés et encouragés.

En retour, il est essentiel que vous ayez le « réflexe citoyen », pour mieux faire connaître vos besoins.

Les élections consulaires du 25 mai y contribueront. Vous élirez à cette occasion des conseillers consulaires, qui seront vos représentants et vos relais auprès des services consulaires.

Cette élection se tiendra le même jour que les élections européennes : deux échéances qui influeront sur votre quotidien de Français expatrié et d’Européen. Ce sont des élections importantes, ne les négligez pas ! D’autant qu’il sera possible de voter par voie électronique pour les élections consulaires.

Exercer sa citoyenneté loin de la France, c’est une façon supplémentaire de se revendiquer Français, avec tout ce que cela appelle d’exemplarité en matière de droits et de devoirs.

Cette exemplarité, la France la doit aussi au Qatar. Comme le président de la République le rappelait ici même, en juin 2013, les relations entre nos deux pays sont fondées sur « la confiance, la réciprocité, la transparence ».

À cela tient la solidité de notre partenariat, et ses innombrables promesses.

Vive la France, Vive la République et Vive l’amitié franco-qatarienne !

Je vous remercie."

Dernière modification : 05/02/2014

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